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Il s'agit peut-être du seul LDVELH qui propose d'être
transporté dans l'univers du Far-west (hormis peut-être
certains de la collection "
Histoires à
jouer" que je ne connaîtrais pas encore). Même si je ne
voue pas aux westerns une passion sans nom, cette idée m'a paru
assez excitante.
Niveau
objectif, on reste sur la répétition des deux premiers
tomes de la série, à savoir que le prince et la princesse
du temps doivent délivrer un citoyen de Chronalia fait
prisonnier par les humains, en l'occurence par les Sudistes qui sont en
guerre contre les Yankees. On quitte donc la France pour s'immerger un
peu dans l'histoire américaine avec la fameuse guerre
d'indépendance. Finalement, on n'apprend pas grand chose sur
cette période historique hormis que les Sudistes sont les
vilains pas beaux car esclavagistes alors que les Nordistes souhaitent
libérer les esclaves...
Il n'empêche que L'Homme au Cheval de Brume est bien plus
agréable à lire et à jouer qu'un LDVELH de la
série "
Histoire".
Le style y est supérieur à la moyenne habituelle et les
très longs paragraphes ne sont pas rébarbatifs. Les
dialogues en particulier sont très réussis, savoureux. Le
ton employé est plutôt léger, avec des touches
d'humour bienvenues. En particulier, le PFA où l'on finit notre
existence époux/épouse d'un(e) comanche m'a bien fait
rire ; on ne sait pas si c'est du lard ou du cochon tant l'ironie est y
subtilement glissée.
Comme dans les deux premiers livres, il est plus intéressant de
jouer la princesse du temps car on se retrouve alors dans diverses
situations cocasses ou en proie au machisme des cow-boys, aspects qui
sont absents si on joue le frangin. Le scénario est très
classique et sans rebondissement spectaculaire. Il faut traverser le
sud des Etats-Unis d'Ouest en Est le plus vite possible (le temps est
décompté sur un calendrier) et en ménageant sa
monture qui peut mourir d'épuisement. Le tout est
d'éviter tout retardement mais l'auteur va s'échiner
à multiplier des obstacles d'un grand classicisme : animaux
sauvages, indiens hostiles, attaques de bandits, chasseurs de primes,
bref... la panolie de Sergio Léone. Malgré tout c'est
agréable car, contrairement aux innombrables donjons de
Livingstone, cet univers est une nouveauté rafraîchissante
parmi les LDVELH.
Les règles de nourriture, fatigue de la monture, gestion des
sous, sont plutôt réalistes et cohérentes. A propos
de dollars, à noter une scène très sympa où
l'on peut jouer au poker sur plusieurs paragraphes exclusivement
consacrés à la partie et aux cartes de notre main. Les
amateurs de ce jeu (et ils sont nombreux en ce moment) seront
comblés.
Les combats sont par contre un peu faciles. Evidemment, ce ne sera pas
le cas si l'on a tiré des caracs faiblardes au début mais
si l'on reprend les scores qui nous ont permis de terminer les bouquins
précédents, on ne voit pas beaucoup diminuer ses points
de force (équivalent d'endurance).
Le seul gros défaut de ce LDVELH est sa forte
linéarité. Mais sa qualité littéraire et le
fait qu'il se déroule dans un cadre réaliste et non
fantastique lui donnent un caractère plus adulte qui le rend
encore plus intéressant pour des lecteurs non adolescents. La
série Les Messagers du Temps est pour moi une excellente
redécouverte, presque 20 ans après l'avoir connue sans
m'y être jusque là vraiment intéressée.
par
Fitz